mardi 5 octobre 2010

Evelina, de Fanny Burney.


L'auteur de ces lignes se demandait il y a quelques heures encore de quoi il allait allait bien pouvoir parler cette semaine, étant donné que sa pile de livres à lire et de dvds à voir baisse fort lentement, faute de temps et d'envie parfois - quant tout à coup, l'illumination a jailli : mais c'est bien sûr !


Cette semaine, donc, voici un billet sur Fanny Burney, l'un des auteurs anglais les plus populaires du XVIIIème siècle, que Jane Austen admirait beaucoup.



J'ai en effet terminé de lire Evelina il y a une semaine, et je ne me suis pas ennuyée une minute !

J'ai trouvé tout à fait intéressant de voir en quoi cet ouvrage avait pu influencer Jane Austen, et en même temps en quoi cette dernière avait réussi à se démarquer de Fanny Burney.

La forme épistolaire ne gêne en rien la lecture de cet ouvrage, qui prend vite l'allure d'un journal intime que l'héroïne, Evelina, envoie à son tuteur.

C'est écrit dans un esprit très XVIIIème siècle, avec un personnage féminin dont la mère est morte abandonnée par un vil séducteur, et des scènes de reconnaissance qui se veulent très émouvantes ; on pense beaucoup à certains tableaux de Greuze ou aux drames bourgeois à la mode à cette époque. La scène où un jeune homme poète veut se suicider a également quelque chose de très romantique.

Mais ne nous y trompons pas : avec Evelina, Fanny Burney invente le roman sentimental qui mêle habilement les sentiments à la comédie de moeurs. La satire est parfois plus appuyée que chez Jane Austen, mais le roman contient des scènes et des répliques fort drôles.

L'héroïne m'a parue extrêmement sympathique et touchante ; Lizzie Bennet et Catherine Morland lui doivent sans doute chacune un petit quelque chose. Son manque d'habitude des usages du monde lorsqu'elle débarque dans la bonne société londonienne m'a à la la fois amusée et touchée ; amenée à danser pour la première fois avec le noble et séduisant Lord Orville, elle se comporte de manière très compassée, car c'est la première fois qu'elle danse avec quelqu'un d'autre qu'une camarade de couvent ! Elle commet ensuite un impair en riant au nez du fat Lovel qui veut l'inviter à danser, ce qui donne lieu à une scène très drôle, car Lord Orville est stupéfait de la réaction inconvenante de la jeune fille.

Le roman de Fanny Burney a bien quelques défauts - une héroïne beaucoup trop belle pour être réaliste : tous les hommes qui l'aperçoivent veulent l'épouser, ou du moins avoir une aventure avec elle - et son côté snob vis-à-vis de sa famille moins fortunée peut agacer (en même temps, ses cousins cousines et sa grand-mère sont gratinés), mais le roman présente une galerie de personnages fort bien caractérisés et campés, qui permettent de mieux comprendre les usages propres à cette époque. Beaucoup de répliques spirituelles émaillent le texte, et l'auteur fait preuve d'une aisance certaine. Enfin, l'aspect sentimental du roman est tout à fait réussi : Lord Orville est vraiment l'homme idéal dont toutes les lectrices devraient rapidement tomber amoureuses...

Un roman plein de fraîcheur et d'esprit, à découvrir absolument !

PS : Si vous n'avez rien compris à ce billet, c'est qu'il faut vous mettre d'urgence à Orgueil et Préjugés de Jane Austen, sans doute le roman le plus spirituel qui ait jamais été écrit.

5 commentaires:

  1. L'édition que tu possèdes est superbe! De quand date-t-elle? Je n'ai pas encore lu ce roman, mais je garde le titre dans un coin de ma tête ;)

    RépondreSupprimer
  2. Oh, en fait, ce n'est pas mon édition... mais plutôt une image pêchée sur Internet et que je trouvais jolie ! L'édition José Corti n'a en effet rien d'extraordinaire. Je te recommande le roman, en tout cas, et merci pour ton commentaire !

    RépondreSupprimer
  3. D'Orviiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiille !
    Hum, hum ...
    Je suis très heureuse que tu aies aimé ce titre ! J'ai hâte de lire les autres bouquins de Fanny Burney, maintenant !

    RépondreSupprimer
  4. Chère Miss Popila, nous nous sommes autorisés à vous ajouter dans les liens suaves de Soyons-Suave. Nous avions terriblement besoin d'une conseillère littéraire, sans parler d'un peu de profondeur :)

    RépondreSupprimer
  5. Voici ma nouvelle blogue poéthique...

    Poésie étrangère

    Et, toujours :

    Sur le pont d'Avignon. Le coup frappa l'enfant à la mâchoire. Il resta debout. Souriant. Le tireur: rien. Le fusil: aucun. Et il y avait cette aube et ce soir pleins des expectations les plus brillantes.

    Poétudes

    S'il vous plait...

    - Peter Ingestad, Sverige

    RépondreSupprimer